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Sur la base de sources publiques, retour sur des affaires restées énigmatiques.

LA RENCONTRE DE CUSSAC (I)

 

 

Le 29 août 1967, depuis environ huit heures du matin, sur le plateau de Cussac (Cantal), à l’altitude de 1042 mètres, à environ cinq cents mètres à l’ouest de la sortie du village, en bordure sud de la D 57, deux frère et sœur, de treize et neuf ans, gardent le troupeau d’une dizaine de vaches de l’exploitation familiale, dans un enclos d’un peu moins d’un hectare, bordé d’un muret de pierres sèches de cinquante centimètres de hauteur. Leur tâche consiste à garder le troupeau, à l’aide du chien de garde, jusqu’à midi et à le ramener ensuite à la ferme. Le ciel est limpide, l’air frais (au maximum 16°), à peine remué par un vent d’ouest ou nord-ouest (inférieur à 11 km/h.). Ils passent le temps, assis dans l’herbe, à l’abri du muret nord (plus exactement nord-nord-ouest), en jouant aux cartes, tout en profitant du soleil. Vers 10 h. 30 [1], le chien est subitement agité et se met à aboyer ; les vaches s’agitent, elles aussi, en cherchant à passer dans l’enclos voisin, au sud-est. Le garçon se lève pour rappeler le chien et lui commander de rabattre le troupeau vers l’intérieur de l’enclos. Alors qu’il contourne le troupeau, par l’est, pour effectuer la même tâche, son attention se déplace soudain, de l’autre côté de la route, au nord-ouest de l’enclos (soit dans la direction opposée à celle prise par le troupeau), vers une haie qui forme un angle sud-est, afin de pouvoir juger de la raison de la fuite du bétail. A travers une ouverture de la partie est de la haie, à environ 80 mètres de lui, il observe quatre individus humanoïdes, de petite taille, minces et entièrement noirs (de peau et/ou de vêtement), d’un « noir soyeux ». Leur hauteur va de 1 m à 1,50 m. Juste derrière eux, se tient une sphère argentée, brillante mais pas lumineuse, de deux à trois mètres de diamètre, qui semble posée au sol, quoique pas à même le sol (autrement dit posée sur un support intermédiaire qui semble faire partie de l’engin). Les bras des individus sont de taille égale ou supérieure à celle de leurs jambes. Leur tête est allongée (ovoïde) et semble avoir une excroissance, dans sa partie inférieure, telle une barbe ou « un menton pointu ». Le garçon invite sa sœur, qui est restée assise, près du muret [2], à voir ce dont il est témoin ; puis il s’approche du muret et monte dessus, pour mieux observer la scène qui se déroule alors à un peu plus de 70 mètres de lui. Sa sœur se lève enfin, pour observer, à son tour, tout en demeurant à une bonne dizaine de mètres de lui, plus à l’ouest et donc plus près de la scène, qu’elle observe, du même coup, sous un angle différent. Elle remarque que les têtes ont « un renflement à peu près au niveau des oreilles », et, comme son frère, que les individus semblent être habillés « d’une sorte de combinaison de soie noire ». Deux des individus semblent échanger entre eux, par des signes de la main, un autre semble être accroupi ou agenouillé, en train de manipuler quelque chose au sol. Le dernier, qui est le plus grand des quatre, semble tenir, dans les mains, un miroir de forme rectangulaire. Alors qu’il paraît soudain avoir repéré les deux enfants, il le porte à la hauteur de son visage, dans leur direction, comme pour, à la fois, les observer et les éblouir, en reflétant le soleil qui se trouve dans leur dos ; puis, au hasard de sa manipulation, l’instrument semble renvoyer, un instant, la lumière du soleil sur la surface de la sphère de l’engin. L’équipage se presse alors d’embarquer à bord de l’engin, d’une manière qui déconcerte les deux témoins, par son extrême agilité et acrobatie, puisque, notamment, en y plongeant, le corps vertical et la tête la première, par le sommet. Trois sont entrés dans l’habitacle, quand l’engin commence à s’élever lentement, dans les airs, à la verticale. Il a atteint l’altitude d’environ trois mètres, quand le quatrième, le plus grand, qui n’a pas fini d’y entrer, s’en détache soudain, pour regagner le sol. Après avoir semblé ramasser quelque chose à terre, il s’élève de lui-même dans les airs, le corps parfaitement vertical et droit, jusqu’à l’engin, qui vient d’atteindre l’altitude d’une quinzaine de mètres, et y entre enfin, à son tour, de la même manière que les autres. L’engin accélère alors, en entamant une trajectoire hélicoïdale de quatre à cinq tours, d’un rayon allant grandissant. Pendant que le dernier individu s’élève, ses pieds paraissent être « palmés » ou « courts et larges du bout ». En s’élevant, l’engin émet un sifflement doux et aigu et un bruit de souffle, mais sans que la végétation alentour ne soit remuée. Il devient aussi très lumineux, jusqu’à devenir éblouissant, et semble croître en volume, avant de disparaître rapidement, en droite ligne, en direction du nord-ouest. Une odeur inhabituelle furtive vient de se répandre alentour, assez proche de l’odeur du gaz sulfuré ou de l’ozone. Elle persistera, pendant un peu plus de deux heures, voire jusque vers 16 h., lorsque l’un des gendarmes qui viennent d’arriver sur les lieux, détectera une faible odeur, qu’il estime résiduelle.

 

Hallucination collective (pour peu que l’on accorde de la valeur à une telle notion) ? Illusion collective procédant d’une même interprétation d’un fait réellement perçu ? Affabulation, dont les auteurs auraient fini par être le jouet, jusqu’à paraître traumatisés par son contenu et ses effets et/ou par leur audace d’affabulateurs (Ils rentrent, effrayés – « commotionnés » dira même le premier témoin à les rencontrer, sur leur chemin du retour à la ferme – et en pleurs, chez leurs parents, et passeront plusieurs nuits agitées) ? Véritable rencontre d’un véhicule extraterrestre et de ses occupants ? Expérience de « distorsion temporelle » comme le prétendra le garçon, à l’âge adulte ? Rencontre d’un hélicoptère et de ses occupants ? A priori, cette dernière hypothèse est sans doute celle qui – avec la deuxième, qu’elle illustre – mérite le plus qu’on s’y arrête pour l’examiner, tellement elle paraît la plus vraisemblable. Pourtant, s'il s'est agi d'un atterrissage d'hélicoptère, étant donné la publicité importante qu'a connu le récit des deux témoins [3], on peut s'étonner qu'aucun des membres de l'équipage n'ait fini par être mis au courant et par tenir à rétablir la vérité, soit publiquement, soit dans un cercle restreint de proches ou d'amis, lequel cercle aurait d'ailleurs sans doute, tôt ou tard, laissé filtrer la vérité, qui se serait donc propagée. On s'en étonnera d'autant plus que l'équipage aurait été composé de quatre membres, ce qui devait multiplier d'autant les chances de divulgation. Sans compter que, puisque l'hélicoptère aurait eu probablement décollé d'un aérodrome situé sur le territoire français, même si ses occupants avaient été seulement des étrangers séjournant temporairement en France et donc des gens sans doute moins disposés à être mis au courant des événements de Cussac (à savoir de la suite de leur atterrissage à cet endroit), une fois retournés dans leur pays, leur identité et notamment leur qualité d'hélicoptéristes, voire d'hélicoptéristes en vol en Auvergne au moment précis des événements, aurait sans doute fini par être connue d’un certain public averti, qui aurait donc été en mesure de les retrouver.

 

[1] L’heure reste incertaine. Le jour même, les premiers témoignages aux premiers enquêteurs parlaient de 10 h. Le lendemain, lors d’une interview radiophonique, le père parla de 10 h. 30. Si l’on tient compte du témoignage de l’agriculteur (celui qui épandait du fumier, au nord-est) qui dit avoir rencontré, « vers 11 h. », les enfants, sur leur chemin du retour à la ferme (soit 10 à 15 minutes après ce dont ils avaient été témoins), et de celui du garde-champêtre qui dit avoir entendu, « vers 11 h. », « un sifflement mélangé à un ronflement », soit un bruit similaire à celui entendu par les enfants, mais qui pourrait néanmoins avoir eu une autre origine, il pourrait être judicieux de situer la scène, entre 10 h. 15 et 10 h. 45, soit, pour simplifier, adopter l’heure de 10 h. 30.

[2] Une enquête privée réalisée en 1968 et publiée, la même année, dans une revue hebdomadaire, parle d’une distance de trente mètres entre les deux enfants, sans préciser l’endroit exact où ils se trouvaient. Une telle distance pourrait laisser entendre que la fille s’était – du reste, fort logiquement – levée, elle aussi, pour s’occuper du troupeau, en le contournant par l’ouest, pendant que son frère le contournait par l’est. Néanmoins, l’enquête du GEPAN réalisée en 1978 rapporte que la sœur est restée assise jusqu’à ce que son frère, qui venait de s’éloigner d’elle en longeant, à une certaine distance, le muret vers l’est (afin de contourner le troupeau), l’invite à regarder de l’autre côté de la route, en direction de la scène que lui-même venait d’apercevoir, les deux enfants se trouvant finalement être distants d’environ treize mètres, au moment où tous deux observent la scène. Paradoxalement, le fait que la fille serait restée assise est a priori tout aussi logique que le fait qu’elle se serait levée : le troupeau étant sur le point d’être rabattu, sans grande difficulté, vers le nord, elle attend patiemment, assise, qu’il le soit, tout en étant prête à se lever, si besoin, pour l’empêcher de se ruer (par effet boomerang) vers le muret où elle se tient ou ceux latéraux (notamment celui ouest) et de les franchir. Ensuite, ayant l’attention retenue par la scène se déroulant de l’autre côté de la route, le frère ne finit pas de contourner le troupeau et le laisse passer dans le pré voisin, au sud-est. Plusieurs hypothèses sont donc possibles. D’un côté, plutôt que de supposer que la reconstitution et les mesures de 1968 ont été grandement approximatives, on admettra que ce sont plutôt celles de 1978 qui sont susceptibles d’avoir pâti d’un défaut de mémoire chez les témoins. D’un autre côté (nullement exclusif du premier), la fille pourrait avoir menti, à l’époque des faits, pour une raison facile à comprendre : éviter de paraître avoir laissé son frère seul à la tâche, jusqu’à l’avoir laissé échouer à retenir le troupeau, qui, en effet, rejoindra et sera rejoint par la trentaine de vaches du pré voisin.

 

[3] Y compris à l’étranger, où l’affaire est recensée, dans le milieu ufologique étasunien, dès le mois suivant (du moins, si l’on en juge à l’entrefilet – parlant, au passage, par erreur, de deux créatures et d’un engin discoïde – paru dans The APO bulletin, édité en Arizona et daté de septembre-octobre 1967, dont la rédaction et la publication ont éventuellement pu avoir du retard). Milieux de l’ufologie dont on ne doit pas sous-estimer l’étendue de la communication avec un public simplement curieux de la question, d’autant plus lorsque cette communication passe, comme c’est souvent le cas en la matière, par des médias grand public. A cette publicité s’ajoute celle relevant du traitement de première main des faits par des journalistes et chroniqueurs indépendants. S’il y eut, en France comme ailleurs, relativement peu d’articles de presse et encore moins d’émissions ayant relaté l’affaire, qui plus est principalement cantonnés à la presse régionale ou spécialisée (la volonté des témoins y étant certainement pour quelque chose), s’ajoute encore un moyen de communication usité en la matière : le bouche à oreille. Preuve de la dimension emblématique du cas : en 1999, le rapport du COMETA le traite parmi les quatre cas de PAN (OVNI) qu’il a retenus pour illustrer les « rencontres rapprochées » de catégorie D, catégorie qu’il définit ainsi : « phénomène non identifiable malgré l’abondance et la qualité des données », et, en 2007, l’ouvrage collectif Phénomènes aérospatiaux non identifiés – Un défi à la science, dirigé par un ancien directeur général du CNES, parmi la dizaine de cas de PAN qu’il a retenus pour en illustrer la catégorie D, qu’il définit ainsi : « phénomènes pour lesquels les données disponibles, le sérieux des témoins et la qualité des témoignages sont incontestables, mais qui ne peuvent recevoir aucune explication connue ».

 

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