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Sur la base de sources publiques, retour sur des affaires restées énigmatiques.

LA RENCONTRE DE CUSSAC (II)

 

 

Reste alors l'hypothèse suivante : l'équipage de l'hélicoptère aurait été d'un genre spécial, à l'instar de la mission qu'il aurait eu à effectuer, ce jour-là. Il pourrait s’être agi d'une mission secrète effectuée par des forces spéciales (d'un Etat étranger ou non) ou par des malfaiteurs (privés), consistant à récupérer une livraison, qui aurait été toxique et odorante, et/ou à effectuer l’exfiltration d’un agent [4]. Comme on l’a vu, d’une part, les occupants du véhicule étaient comme habillés de combinaisons noires (que les témoins laisseront, d’abord, simplement supposer avoir été moulantes – dans la mesure ils n’avaient pas pu bien distinguer s’il s’agissait de la peau ou d’un vêtement – avant d’affirmer très tardivement – en 1985 – en reprenant le mot qu’avait utilisé l’un des tout premiers enquêteurs, dans l’hypothèse où il se serait agi de combinaisons, qu’elles l’étaient effectivement ; moulantes comme celles de plongeurs, ce qui pouvait encore amincir, quoiqu’il soit peu probable que le dernier à intégrer l’engin, au moment du décollage, ait été chaussé de palmes aquatiques – même en supposant qu’il s’apprêtait ou venait d’effectuer une plongée dans la rivière La Truyère et ses importantes retenues d’eau, distantes d’une vingtaine de kilomètres, à l’est – mais plutôt de grosses chaussures, comme en portent les militaires et comme peut l’étayer une variante de la description : pieds « courts et larges du bout », la largeur, probablement celle des semelles, pouvant produire proportionnellement l’illusion de la petitesse en longueur) ; et ils avaient une tête dont la forme ovale, à excroissances inférieure et bilatérale, n’était pas sans pouvoir évoquer le port d’un masque à gaz NBC (nucléaire, bactériologique, chimique), dont les cartouches de filtrage forment des proéminences aux mêmes endroits. D’autre part, une forte odeur semblable à celle du gaz sulfuré ou de l’ozone s’est répandue alentour, juste après le décollage du véhicule (du moins, est-ce le moment où les enfants la remarquent – du reste, indépendamment du déplacement d’air qu’aurait causé le décollage de l’engin, le vent très faible pourrait n’avoir que lentement déplacé une masse de molécules suffisante en direction du sud-est), odeur qui persista, au moins, jusqu’à un peu plus de deux heures après l’événement (sa description tendant à exclure qu’elle ait été produite par un échappement de combustion du kérosène d’un moteur d'hélicoptère, en tout cas, par lui seul)...

 

Au moment où les membres de l'équipage vérifiaient le contenu de la livraison (comme peut le suggérer le fait que l’un d’eux était affairé à manipuler quelque chose, au sol), ils auraient été surpris par les jeunes visiteurs et, dans leur fuite précipitée, ou bien, auparavant, lors de la manipulation – ayant pu consister à effectuer un test ou un prélèvement sur le produit – en auraient laisser tomber maladroitement une partie au sol, à moins que, plus vraisemblablement, ils n’aient pu faire autrement que d’en laisser s’échapper des effluves... dont l'odeur se serait ensuite répandue (quoiqu'on admettra que l'épandage de fumier qu'effectuait un agriculteur, dans un champ voisin situé à un peu plus de 600 mètres au nord-est, en contrebas d’une colline, pourrait avoir été la cause de cette odeur, en tout cas, s'être mélangée à elle... et/ou, peut-être bien, à celle du gaz d’échappement d’un moteur d’hélicoptère – odeur de fumier, dont il est avéré qu'elle peut différer d'un épandage à l'autre et produire ainsi une sensation inattendue, et odeur à laquelle, d'ailleurs, la disposition en équerre – en double cloison, si l’odeur arrivait du nord-est ou de l’est – de la haie autour du site, ajoutée, d’une part, au fait que ce dernier s’élevait légèrement vers le nord, et, d’autre part, à la présence d’une colline au nord-est, aurait pu faire l’effet d’un réceptacle retenant une densité de molécules odorantes plus forte qu'ailleurs [5]). La dangerosité du produit livré aurait pu justifier le port de ce qui semble avoir été une combinaison noire recouvrant entièrement le corps et qui pourrait avoir été une combinaison NBC (combinaison qui, ordinairement, a un aspect soyeux – aspect brillant tamisé – mais qui, néanmoins, est bouffante – ce qui la rend plus facile à enfiler, en un minimum de temps, en cas d’alerte, et lui fait offrir un minimum de contact avec la peau ou les sous-vêtements et notamment de contact possible de sa paroi extérieure, lors de son enlèvement – plutôt que moulante, dernier détail qui, comme nous l’avons dit, n’apparaît cependant explicitement que très tardivement, chez les témoins, sans compter que, ayant pu avoir enfilé leur combinaison, dès le départ de leur mission, ils n’avaient plus à être sur le qui-vive, en la matière, et pouvaient donc avoir enfilé une combinaison exceptionnellement non bouffante, toutes précautions supplémentaires pouvant être prises, pour son enlèvement) ; combinaison comprenant un masque que les témoins auraient confondu avec une excroissance crânienne inférieure et bilatérale ou une barbe (ce qui suggère, en effet, le port d'un masque à gaz NBC, dont, a priori, certains modèles semblent pouvoir produire cette illusion, à distance, qui plus est, dans l'ombre). Pour ce qui est de l’aspect général des individus, et notamment de leurs dimensions, le noir est la couleur la plus courante de l'habillement des forces spéciales (tout comme des malfaiteurs), dont l'un des effets est qu'elle paraît diminuer les dimensions de celui qui en est revêtu, à la différence du blanc, qui semble les augmenter (or les témoins disent avoir observé des silhouettes petites, minces et entièrement noires) ; en outre, le port de gants, sans rallonger les bras, ou quasiment pas, mais en accentuant leurs extrémités, pourrait avoir créé, de loin, l’illusion de bras longs, tandis que la présence d’un léger talus et d’un peu de végétation au pied de la haie (deux détails bien visibles sur une photo prise par un enquêteur, les mois suivants), en dissimulant les bas de jambes, pourrait avoir créé l’illusion de jambes courtes, les deux phénomènes se renforçant l’un l’autre. Parallèlement, le simple fait que les gants auraient été de la même couleur que les manches aurait été la cause que « les enfants n’ont pu distinguer ce qui aurait pu servir de mains », comme le rapporte l’un des tout premiers enquêteurs. Autant d’effets que pourraient avoir accentué, d’une part, le fait que la scène se déroulait probablement dans l’ombre, qui plus est une ombre contrastant sans doute fortement avec le reste du terrain éclairé par un soleil d’été brillant dans un ciel limpide, et, d’autre part, le fait que les observateurs, qui avaient eu, jusque-là, le soleil devant eux, pouvaient avoir une acuité visuelle amoindrie, pour observer une scène se déroulant dans l’ombre. Ainsi, l'atterrissage dans l’angle d'une haie – à environ 30 mètres de sa portion sud et 8 mètres de sa portion est, selon les témoins – aurait pu avoir eu pour but de dissimuler l'appareil et/ou ses occupants (cf. infra) – du moins, de rendre plus discrète leur présence – précaution d'autant plus justifiée qu'une route fréquentée était proche. La longueur d’une pale d’hélicoptère variant entre 5 et 6 mètres (celle du Bell étant de 5,66 m.), il n’est pas impossible que l’habitacle sphérique se soit trouvé, au moins partiellement, dans l’ombre d’une haie dont les arbres, à crêtes larges, projetant leur ombre à l’endroit où il se trouvait, atteignaient environ six mètres, le soleil, situé au sud-est, à une hauteur de 43,6°, produisant alors une ombre légèrement supérieure (d’un peu moins de trois décimètres) à la taille des arbres.

 

Etant donné que les témoins disent avoir entendu « un sifflement doux et aigu », au décollage de l’engin, bruit caractéristique d’une turbine (le garde champêtre, situé à la sortie ouest de Cussac, affirmant, quant à lui, avoir entendu « un sifflement mélangé à un ronflement », pendant une dizaine de secondes, vers 11 h.), l’appareil pourrait avoir été un hélicoptère à turbine : ou bien une Alouette II, ou bien, plus sûrement, un Bell 47 G3 ou G3 B-1 [6], étant donné la meilleure sphéricité de cet appareil et la plus faible sonorité de sa turbine (qui est celle d’un turbocompresseur suralimentant un moteur à pistons, tandis que l’Alouette est simplement dotée d’un turbomoteur), conformes aux descriptions effectuées par les témoins – hélicoptère dont le fait qu'il était triplace aurait pu être l'une des raisons pour lesquelles les membres de l'équipage, au nombre de quatre, auraient dû être de petite taille et, au passage, être légers, quoiqu'on se demandera alors pourquoi ils auraient dû être impérativement quatre : l'un des quatre était-il un contact déjà présent sur les lieux, avant l'arrivée de l'appareil – les témoins parlent de deux individus se faisant face, comme s'ils parlaient entre eux, au moment d'échanger des informations ou simplement de faire connaissance – contact qui se serait finalement trouvé obligé de fuir avec l'équipage, voire dont il était prévu qu'il parte avec lui ? L'objet ressemblant à un miroir réfléchissant la lumière du soleil que, au dire notamment du garçon, tenait l'un des quatre équipiers, aurait même pu servir initialement à guider l'hélicoptère, à partir du sol. En outre, la lumière éblouissante venant de l'appareil, au moment du décollage, aurait pu servir à dissimuler ses caractéristiques, afin d'empêcher sa description et son identification ultérieures, voire sa photographie. L’intensification croissante de cette lumière pourrait expliquer le fait que la sphère, avec laquelle elle tendait à se confondre, ait paru croître en volume, à moins que ce ne soit le passage de l’ombre à la lumière solaire réfléchie qui ait produit cette impression (ce qui prouverait que la sphère était posée dans l’ombre, comme pourrait encore le prouver le fait que le « miroir » a paru projeter sur elle un reflet) [7]. Les témoins tiennent à caractériser cette lumière comme n'ayant pas eu sa source dans l'engin mais comme ayant été simplement réfléchie par lui – ce qui pourrait être une façon de décrire le fait qu’elle n'arrivait pas sous la forme ordinaire d'un faisceau de projecteur mais d'un rayonnement tous azimuts propice à faire écran, alors même qu’il est peu probable qu’il se soit agi du reflet du soleil sur un habitacle sphérique d’hélicoptère, dans la mesure où, d’une part, une source lumineuse réfléchie sur une surface convexe perd en taille et en intensité, et où, d’autre part, un hélicoptère évoluant en courbe n’aurait pu offrir continûment sa partie la plus sphérique qu’est sa partie avant (voire aussi ses parties latérales, sur un Bell) – conformément à la description des témoins, selon laquelle l’engin s’est toujours offert uniformément (si l’habitacle du Bell s’offre à la vue quasiment sphérique aux trois quarts, il est peu visible, par l’arrière, du fait du rotor et de ses deux réservoirs de carburant) – à moins de supposer qu’il aurait eu un déplacement hélicoïdal, sans jamais changer d’orientation, autrement dit sans pivoter partiellement, manœuvre a priori peu probable (même si les trois suivantes sont possibles séparément : reculer, se déplacer latéralement et s’élever), et manœuvre qui, du reste, aurait eu une raison décidément énigmatique. Si un tel dispositif d'éclairage existait bien à bord de l'engin, il pourrait avoir été installé temporairement, à l'intérieur ou à l'extérieur de l'habitacle, et aurait pu entraver l'accès normal à celui-ci – par les portes latérales – et commandé d'effectuer des acrobaties à qui voulait y entrer, notamment sans perdre de temps, d'où le comportement décrit par les témoins d'individus entrant par le dessus, la tête la première – acrobaties que des militaires d'élite de petite taille et donc tout à fait disposés à se comporter en gymnastes pourraient n'avoir eu aucun mal à effectuer [8]. Dans le même registre de l’éclairage, l'objet décrit comme un miroir réfléchissant la lumière du soleil et orienté momentanément par l'un des membres de l'équipage (qui, s’il se tenait toujours dans l’ombre, devait donc se trouver à la limite est de la haie est ou, à la rigueur, à la limite interne d’un interstice de la haie où parvenait le soleil), en direction des témoins, aurait pu être un instrument destiné à les aveugler ou à détourner leur attention, de façon ciblée (ce qui expliquerait que son utilisateur devait aussi viser, par son moyen), voire réutilisé à cette fin, au cas où il devait initialement servir au guidage de l'hélicoptère.

 

Au moment où le dernier membre d'équipage semblait s'apprêter à rentrer intégralement, à son tour, dans l'appareil, moment où l'hélicoptère s'était déjà élevé, à trois mètres du sol, le fait que ce même équipier soit retourné au sol pour revenir ensuite vers l'habitacle, désormais situé à une quinzaine de mètres (quoique n’ayant pas encore commencé sa trajectoire hélicoïdale), le tout avec une aisance déconcertante, comme s'il volait, pourrait s'expliquer par un simple hélitreuillage, éventuellement accéléré (Un câble de levage de 15 mètres semble avoir été prévu pour le Bell 47, puisque des exemplaires d’une autre version, le J3 – à turbomoteur et non sphéroïde – en étaient équipés). Pour autant, la rotation des pales ne lui permettait certainement pas d’entrer dans l’habitacle, de la façon dont étaient censés l’avoir fait ses coéquipiers, à savoir le corps à la verticale, la tête la première. Il serait auparavant redescendu au sol, alors que le pilote était obligé de poursuivre sa lente ascension verticale, afin de se dégager, au plus tôt, de la proximité des arbres ; ensuite, il pourrait avoir regagné l’appareil, au moment où celui-ci entamait une accélération, selon une trajectoire hélicoïdale (pour les raisons que nous exposerons). Cette accélération de l’appareil et sa direction oblique (consistant à prendre de l’altitude le plus rapidement possible, tout en avançant) ont eu pour effet de le faire s'incliner légèrement de l'avant. Pour des observateurs restés au sol et n’ayant jamais vu auparavant de décollage d’hélicoptère, et notamment de décollage oblique, l’équipier rejoignant l’appareil pourrait l’avoir fait, dans un système de repère tridimensionnel modifié, pour ne pas dire bouleversé, qui pourrait avoir laissé une impression erronée, avoir entraîné une interprétation fautive de ce qui était vu : l’individu ne réintégrait pas linéairement l’appareil par le dessous, ni même par le côté... mais pourquoi pas par le dessus... comme avaient déjà paru le faire, à plus juste raison, les trois premiers. S’il n’est pas redescendu pour ramasser un objet qui aurait été oublié, dans la précipitation du décollage, il pourrait l’avoir fait pour l’une des raisons suivantes : 1) pour alléger l’appareil (à ce propos, on notera que les témoins le désignent comme le plus grand des quatre et donc comme possiblement le plus lourd), au moment de la phase critique du décollage consistant à s’arracher à l’effet de sol, arrachement qui a lieu à une distance du sol à peu près équivalente à la longueur totale du rotor (11,32 m sur le Bell) ; auquel cas (comme, d’ailleurs, dans le cas de la seconde hypothèse, infra), s’il a vraiment ramassé quelque chose au sol, ce pourrait être le bout du câble de treuillage et/ou le harnais devant y être accroché. Cet allègement pourrait éventuellement signifier que l’embarquement d’un quatrième individu – à savoir le contact – n’était pas prévu, et, quoi qu’il en soit, que les calculs auxquels nous nous sommes livrés, dans la note 6, doivent être revus à la hausse [9] ; 2) pour asperger la trace de produit répandu, au moyen d'un produit masquant ou neutralisant, qu'il venait de saisir dans l'habitacle, et qui, étant éventuellement à risque, nécessitait l’éloignement de l’appareil et du plus grand nombre possible de ses membres d’équipage ; auquel cas, d'ailleurs, c'est ce dernier produit ou son mélange avec l'autre qui aurait pu avoir l'odeur sentie par les témoins, le geste d'asperger brièvement le sol, au moyen d'un flacon – dont la taille réduite aurait d'ailleurs pu imposer de l'approcher quasiment au contact de la surface à asperger, pour plus de précision – ayant pu être facilement confondu avec celui de ramasser un objet, par un observateur situé à soixante dix mètres de la scène, laquelle, du reste, se déroulait très probablement dans l'ombre (Notons, au passage, qu'il est peu probable que cette surface contaminée ait pu correspondre à la surface d'herbe faiblement jaunie d'environ cinq mètres de diamètre qui, selon un gendarme – appuyé par aucun autre témoin – se serait trouvée à une vingtaine de mètres de la portion est de la haie, étant donné, d’une part, son étendue, et, d’autre part, sa position excentrée).

 

[4] Faut-il aller jusqu’à supposer – l’hypothèse pouvant même justifier parfaitement la persistance du secret – qu’il se serait agi de la préparation d’un acte terroriste ou d’une expérimentation sur une population civile, comme ce fut le cas ailleurs, à la même époque, y compris en France (cf. l’affaire de Pont-Saint-Esprit, en 1951) ?

[5] Cette hypothèse d’une poche d’odeur de fumier et/ou de lisier n’est sans doute pas à écarter, au moins dans sa variante : « mélange d’odeurs d’origines diverses ». L'odeur, décrite par les témoins – sur la base d’un échantillon limité qu’on leur proposait, qui ne comportait pas l’ozone – comme proche de celle du gaz sulfureux, éventuellement mélangé d’acétone – voire, selon un enquêteur se basant sur le témoignage d’un gendarme, proche de l’ozone – pourrait bien avoir été, au moins en partie, celle du fumier du champ voisin, odeur dont on sait qu'elle peut se répandre et se concentrer, avec une intensité variable, en divers endroits d'une contrée (selon la météo, le relief, etc.), et être inhabituelle, dans sa composition même. D'ailleurs, un autre témoin (le garde champêtre) dira avoir senti une odeur comparable, quoique bien plus virulente, le soir, chez lui, à cinq cents mètres à l’est du lieu de l'atterrissage. Du reste, on ne comprend pas bien pourquoi le produit livré aurait dû être testé ou contrôlé, à ce moment-là (à moins qu’il n’eût pas été prévu que son livreur parte avec les trois hommes d’équipage, ce qu’il aurait finalement dû faire, pour échapper à une traque que risquait d’entraîner l’alerte donnée par les enfants), et notamment selon un procédé devant ou risquant de laisser une trace de son passage, ni, à plus forte raison, pour quelle autre raison le récipient le contenant aurait dû être ouvert, au risque d'être partiellement renversé accidentellement. Il reste que l’un des quatre humanoïdes semble bien avoir été affairé, au sol, au milieu des autres... Enfin, on ne peut pas écarter l’hypothèse que ç’ait été le procédé d’éclairage éblouissant qui ait produit une telle odeur, selon le type de mécanisme et/ou de composant chimique utilisés pour la lampe (Certaines lampes à plasma – lampes dont le principe était connu, à l’époque – peuvent émettre une lumière proche de celle du soleil, la dépasser en intensité, et dégager une odeur, notamment d’ozone ; leur forte émission d’ondes électromagnétiques pourrait avoir d’autant plus justifié le port de combinaisons protectrices). En définitive, il pourrait donc y avoir eu une odeur à quadruple origine : fumier, cargaison chimique, combustion de moteur et système d’éclairage, ce qui pourrait expliquer son caractère difficilement saisissable et reproductible.

[6] Doté d’un turbocompresseur, à la différence de ses versions antérieures (G1 et G2), le Bell 47 G3 était spécialement conçu pour affronter l’altitude, la température et l’humidité. Lui et sa version améliorée, le G3 B-1, ne furent jamais certifiés, en France, au contraire de pays comme l’Italie, l’Espagne et la Suisse. Le G3 B-1 a été produit, à partir de 1963 (1967 étant, au demeurant, comme nous le verrons, l’année de sortie d’une version encore améliorée, le B-2). Cette version B-1 avait un habitacle plus spacieux que la précédente. A un poids maximal de 1338 kg, son autonomie de distance était de 440 km, et sa vitesse de croisière de 138 km/h. Son carburant nécessaire pour une heure de vol était d’un poids de 56 kg. Son poids à vide était de 835 kg. En admettant, sur la base des descriptions des témoins, que chacun des 4 passagers avait un poids qui n’excédait pas 60 kg, soit un poids total de 240 kg, et étant donné que le poids maximal de l’appareil était à réduire de 11 %, pour que soit possible un décollage à l’altitude de Cussac, il restait donc la possibilité d’une charge supplémentaire de 116 kg, soit, par exemple, 70 kg de carburant, permettant de franchir la distance d’environ 172 km (cf. note 9), et 46 kg d’équipements et de chargements divers. Du reste, cette hypothèse du Bell 47 G3, qui paraît hautement probable, ne fut-elle pas celle que les gendarmes ont fini par avancer implicitement, à l’époque, en tirant de leur enquête la conclusion qu’il se serait agi d’un « véhicule militaire piloté, probablement une opération d’une puissance étrangère » (cf. Rapport du GEPAN, 1978) ? Il leur était facile de trouver un modèle d’hélicoptère alliant moteur à turbine et habitacle vraiment sphéroïde... qui se trouvait être le seul modèle de son espèce existant... et non certifié en France. Le Bell 47 G3 n’était pas un véhicule conçu et produit pour l’armée, mais pouvait sans doute convenir pour effectuer une opération militaire secrète. Auquel cas, son rayon d’action pouvait être quasiment sans limite, n’ayant pas besoin d’aller d’aérodrome en aérodrome (même privés). Il lui suffisait de rallier des points de ravitaillement établis clandestinement en des endroits isolés. Son point de départ et son point d’arrivée pourraient avoir été des héliports situés dans les eaux internationales.

[7] Voir, en note 5, une autre explication possible de cet accroissement de volume, compatible avec ces deux-là.

[8] Cet éclairage aurait fortement affecté l’aîné, au point qu’il rentra chez lui, les yeux rougis, et que le médecin de famille qui l’examina ensuite diagnostiqua une inflammation oculaire typique d’une observation prolongée d’une lumière éblouissante. Ses yeux continuèrent d’être irrités et larmoyants, le soir, au coucher, et le matin, au réveil, pendant plusieurs jours. Faut-il aller jusqu’à avancer l’hypothèse que l’enfant se serait amusé à regarder le soleil, en face, puis, craignant soudain d’avoir commis une faute grave aux effets gravement invalidants, aurait inventé une histoire, pour éviter les réprimandes ? Fin août, à dix heures trente du matin (neuf heures trente solaires), le soleil étant alors au sud-est (à l’azimut 129), à une hauteur de 43,6°, assis près du versant sud-sud-est du muret, il n’avait pas besoin de se lever pour le faire, ni même peut-être de tourner beaucoup la tête et encore moins de beaucoup la redresser. Peut éventuellement étayer cette hypothèse, d’une part, le fait que sa sœur n’a pas eu les yeux durablement affectés, et, d’autre part, la description qu’il fit, à des enquêteurs du GEPAN, de la sphère dont la luminosité s’intensifiait, au fur et à mesure de son élévation dans le ciel, « jusqu’à devenir aussi lumineuse et de même couleur que le soleil à midi ». L’hypothèse est pourtant fortement gênée par le fait que sa sœur était en bien meilleure santé que lui (qui était sous traitement médicamenteux lourd et chronique) et semble n’avoir pas autant insisté que lui à observer la source lumineuse, dont, cependant, elle fait la même description, en ajoutant même qu’elle lui « a fait mal aux yeux », et, d’autre part, par le fait que tous les enquêteurs qui les ont interrogés ont tiré, avec certitude, de leurs interrogatoires, la conclusion qu’ils n’avaient rien inventé, qu’ils ne mentaient pas et n’avaient même rien préparé, entre eux, de leurs déclarations publiques.

[9] Le poids du chargement pourrait s’être réparti de la manière suivante : les 180 kg des trois équipiers déjà à bord, 126 kg de carburant pour parcourir une distance d’environ 312 km et 50 kg d’équipements et de chargements divers. Le quatrième équipier, quant à lui, pourrait avoir pesé de 60 (voire moins) à… 147 kg, 147 kg étant, en effet, 11 % du poids total maximal de l’appareil, dont il devait être privé pour décoller à l’altitude de Cussac. Dans la mesure où le poids maximal du contenu des deux réservoirs de carburant ne pouvait excéder 186 kg (233 litres de kérosène, à 0,8kg/l), ces 147 kg pourraient avoir été le poids du carburant consommé avant d’arriver à Cussac – au cas où le quatrième passager n’aurait pas fait partie de l’équipage, pendant ce trajet – soit sur une distance d’environ 362 km ; ce qui impliquerait une nouvelle répartition du poids du chargement, au moment du décollage de Cussac (c’est-à-dire de l’arrachement à l’effet de sol) : 39 kg de carburant (186 – 147) (permettant de parcourir environ 96 km) et, par exemple, 210 kg d’équipage (3 x 70) et 107 kg de matériel embarqué. Pour autant, notre estimation des distances reste purement théorique, puisque notamment basée sur un usage constant de la vitesse de croisière, qui ne peut certainement pas avoir eu lieu. Il s’agit donc de surestimation, comme le montrent, d’ailleurs, les caractéristiques techniques officielles de l’appareil annonçant une autonomie de vol, à pleine charge, de 440 km (peut-être sous-évaluée, pour des raisons évidentes de sécurité). En rapportant les poids de carburant susmentionnés à ces 440 km, on obtient 298 km, au lieu de 312, 347 km, au lieu de 362, et 92 km, au lieu de 96. De leur côté, sous ce même rapport, les 172 km indiqués dans le premier cas de figure (cf. note 6) donnent 165 km.

 

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