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Sur la base de sources publiques, retour sur des affaires restées énigmatiques.

LA MORT DE CHRISTIAN JAMBERT (I)

 

 

Sommaire :

 

1  Présentation des faits (p. I)

2  Les hypothèses (p. II)

3  Critique des hypothèses (p. III)

4  Remarques générales (p. IV)

 

 

 

Avertissement :

 

Nous n'avons pas tenu compte des deuxième et troisième autopsies, étant donné que les conditions matérielles dans lesquelles elles ont eu lieu les ont rendues peu fiables.

 

 

1) Présentation des faits :

Gendarme à la retraite depuis novembre 2015, Christian Jambert n’avait pas rompu avec son passé d’enquêteur. D’une part, l’une des grandes affaires, si ce n’est la plus grande affaire, qu’il avait eu à traiter, alors qu’il était en poste – l’affaire des disparues de l’Yonne – n’avait pas encore achever son cours judiciaire, et, d’autre part, sa passion, son talent et ses compétences d’enquêteur le conduisaient naturellement à le prolonger, en menant diverses enquêtes, à titre privé, et en projetant même d’ouvrir une agence d’enquêteur privé. Pour ce qui est de l’affaire des disparues, une nouvelle instruction venait d’être ouverte, le 7 mai 1997, qui l’avait déjà conduit à être entendu, de façon préliminaire, en tant que témoin, par un officier de police judiciaire de la gendarmerie d’Auxerre, dans la perspective de l’être par le juge d’instruction, fin août ou début septembre, et, le 21 juillet, une requête avait été déposée par les défenseurs des familles des victimes auprès de ce même juge pour qu’il soit effectivement entendu, dans cette affaire, en tant que témoin principal. Ce parcours d’enquêteur dont il ne semblait pas pouvoir dévier et auquel il ne semblait pas pouvoir renoncer, a néanmoins été rompu. Il a été retrouvé mort, le lundi 4 août 1997, en milieu de matinée, dans le sous-sol de son domicile, à Auxerre. En pyjama et en chaussons (le droit déchaussé, à 20 cm en avant du pied), son corps reposait, allongé droit sur le dos, à même le sol. Sa tête portait cinq blessures dont trois majeures : deux écorchures, l'une à gauche du nez, l'autre au-dessus de la lèvre supérieure, deux impacts d’entrée de balle, l’un dans la bouche, au fond de la partie antérieure gauche du palais (« dans la cavité buccale, au niveau du palais osseux gauche », pour reprendre les termes du rapport de la première autopsie), l’autre dans la tempe gauche (dans la « région temporo-pariétale [gauche] » – ibid.), et, enfin, une plaie à bords contus, d’environ trois centimètres, avec ecchymose, au sommet du crâne. Sa carabine 22 long rifle était posée, à côté de lui, sur sa droite, la crosse reposant au sol et le canon portant sur le bas de sa jambe droite ; trois cartouches vides (douilles), correspondant au calibre de la carabine, étaient dispersées au sol, autour de ses jambes ; selon la fille du défunt, elles étaient au nombre de quatre, puisqu’elle assure en avoir découvert une quatrième, sur le sol, après le passage des enquêteurs, qui semblent l’y avoir oubliée.

La porte d’entrée de son domicile a été retrouvée non fermée à clé par le premier témoin, le lundi matin, vers 9 h. 30, alors qu’elle était toujours tenue fermée à clé, de jour comme de nuit (en l’occurrence, ce premier témoin est le fils Jambert, qui ne sera pourtant pas le premier témoin de la mort proprement dite, puisque le corps a été découvert, à 10 h. 50, par les gendarmes que sa soeur venait d’alerter, après avoir été elle-même alertée par son frère, aucun des deux enfants n’étant, du reste, allés la constater, au garage, avant la levée du corps, vers 11 h. 40). D’une part, si l’on admet qu’il est allé ouvrir cette porte à un visiteur malintentionné, soit le soir du 3 (le dernier signe qu’il était encore en vie étant un échange téléphonique avec son ancienne épouse, dans l’après-midi du dimanche), soit dans la nuit du 3 au 4, et, d’autre part, si l’on admet qu’il est, peu après, allé à la rencontre d’un intrus, tout aussi malintentionné, entré dans le garage sans avoir laissé de traces d’effraction (intrusion pouvant être tenue pour justifier la présence et, éventuellement, l’agression de la victime, à cet endroit), il y aurait donc eu double entrée de malfaiteurs au domicile. Mais ces deux hypothèses de départ sont-elles compatibles ? Si Christian Jambert a bien reçu une visite, par l’entrée principale, pourquoi se serait-il retrouvé ensuite dans le garage, avec son fusil, comme sont censés l’attester les premiers constats effectués par les gendarmes ? Son lit a été retrouvé ouvert, drap et couvertures rabattus sur la gauche, la housse de sa carabine 22 long rifle (fusil qu’il gardait toujours, près de son lit, à portée de main, pendant la nuit, excepté pendant la période où il s’en était séparé, comme nous le verrons) posée, vide, sur le rabattement de drap et de couvertures ; l’intérieur du lit n’était pas froissé, comme si personne ne s’y était encore couché, ce soir-là – dernier détail qui, à supposer que Jambert avait l’habitude de l’ouvrir, de cette façon, avant de s’y allonger, pourrait signifier qu’il a été subitement dissuadé de se coucher, par un stimulus extérieur (du bruit au sous-sol ou à la porte d’entrée, voire un appel téléphonique annonçant des visiteurs) et non par une intention soudaine de se suicider, intention dont on peut penser qu’elle se serait manifestée, avant l’ouverture du lit et même avant de se mettre en pyjama, alors que, d’un autre côté, elle aurait très bien pu naître d’une insomnie particulièrement tourmentée, une fois dans le lit (Au demeurant, puisque, à notre connaissance, il n’y a pas eu de disparition de certains de ses vêtements, notamment ceux qu’il pouvait assurément porter, ce jour-là, nous n’avons pas retenu l’hypothèse qu’il aurait été mis en pyjama par son ou ses agresseurs, après que ses vêtements auraient été abîmés, lors d’une agression ayant notamment pu connaître une phase de lutte, avant d’être faits disparaître, le lit ayant été ensuite entrouvert, pour simuler sa sortie du lit ; simplement froissés – ce que n’était pas ou très peu le pyjama – ils pourraient même avoir été laissés dans ses affaires personnelles, ce dont nous n’avons pas plus eu connaissance). Pour autant, étant donné qu’il n’existe pas de preuve photographique (du moins, publiée) de l’état du lit et que, par ailleurs, un non froissement apparent des draps n’est pas une preuve absolue que personne n’y était auparavant couché – la présence de la housse du fusil sur le rabattement de drap et de couvertures pouvant même laisser penser que Jambert se trouvait dans le lit, lorsqu’il a sorti le fusil de sa housse – nous présupposerons que le gendarme est bien sorti de son lit (quelle que soit l’hypothèse retenue, elle est, de toute façon, sans incidence sur la suite des événements, telle que nous allons la reconstituer).

 

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