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Sur la base de sources publiques, retour sur des affaires restées énigmatiques.

L'ASSASSINAT DE JOHN FITZGERALD KENNEDY (II)

 

Williams parti du 5ème étage, les tireurs n’ont alors plus qu’à aller prendre la place qu’il occupait (à un étage offrant, par rapport au 6ème, à l’intérieur, une plus grande facilité pour se cacher et une absence de cloison entre les deux fenêtres des angles sud, permettant ainsi une meilleure communication entre des hommes postés à chacune, et, à l’extérieur, une moindre visibilité des fenêtres, dont le style et la taille sont communs à celles des étages inférieurs, et la taille moindre que celles de l’étage supérieur ; par ailleurs, des considérations relatives à l’angle de tir ayant pu entrer en compte et enfin le fait qu’il y avait un étage de moins à descendre, après avoir tiré) ; quant à Oswald, il descend, par les escaliers, au premier étage, où, à 12 h. 32, au détour d’une volée d’escaliers qu’il vient de gravir, Baker l’aperçoit, portant une veste – probablement une chemise – brun clair, dos tourné, en train de s’éloigner de la porte vitrée fermée du vestibule de la salle à manger (à noter que l’ascension de Baker vers l’étage pourrait s’être prolongée spontanément par le plongement de la tête dans la porte de la salle à manger, pour inspecter la salle, comme Truly le déclarera au bureau du shérif, le 23 novembre, et, par téléphone, à un reporter d’un journal new-yorkais, paru le 27, auquel cas, Oswald pourrait ne pas avoir été aperçu à travers la vitre) ; Baker s’approche de la porte et l’aperçoit venant d’entrer dans la salle, où il le rejoint finalement, le temps de constater qu’il est calme et qu’il a les mains vides puis de l’identifier, grâce à Truly, qui l’accompagne toujours (et non, très probablement, qui, s’étant déjà engagé dans la première volée d’escaliers montant au 2ème étage et venant de se demander ce que faisait le policier, était revenu sur ses pas, pour le découvrir entré dans la salle à manger, comme le soutient le rapport d’audition de Truly par le Secret Service du 4 décembre 1963 – mention très douteuse, Truly ayant eu alors pris de gros risques à avancer en tête, sans arme, et mention dont on peut soupçonner qu’elle ait eu pour finalité d’infirmer ou de prévenir l’hypothèse que le policier aurait couru directement de sa moto jusqu’à la salle à manger, selon un plan préétabli, en entraînant, du même coup, Truly à le suivre) (Quelques secondes plus tard – sans doute pas beaucoup plus de la trentaine que l’on peut estimer nécessaires au distributeur de boisson de la salle à manger pour livrer une bouteille, et à Oswald pour enlever simultanément sa chemise – Mrs Jeraldean Reid – alias Mrs Robert A. Reid – arrivant du rez-de-chaussée, par les petits escaliers sud-est, après avoir rapidement quitté Elm Street, où elle se tenait à environ dix mètres des escaliers de l’entrée, le verra, en tee-shirt blanc, à un endroit où il n’a pas l’habitude d’être, venant du vestibule de la salle à manger et se rapprochant de la porte donnant sur les bureaux, une bouteille de soda – qu’elle croit se souvenir avoir vue pleine – à la main, parfaitement calme ; il est possible qu’ayant été identifié par un policier, Oswald vienne d’enlever sa chemise, afin d’empêcher son éventuel signalement vestimentaire, et qu’il s’éloigne des escaliers principaux, où risquent d’affluer d’autres policiers, le temps de boire sa bouteille – qu’il ne pourrait pas avoir commencé de boire, avant que Baker le rencontre, s’il est vrai que Mrs Reid l’a vue pleine – avant de revenir prendre sa chemise laissée au vestibule et de quitter le bâtiment, sans doute en atteignant l’entrée principale par les escaliers sud-est (cf. procès-verbal de l’audition de Reid par le bureau du shérif daté du 23 novembre et celui de son audition par la commission Warren). Lors d’un interrogatoire dirigé, dans la soirée du 22, par le capitaine Will Fritz, chef du bureau des homicides de la police de Dallas et chargé de l’enquête – Fritz n’ayant, au demeurant, rédigé qu’un seul rapport, qui plus est, tardivement, à la demande de la commission Warren, pour tous les interrogatoires qu’il dirigea de l’après-midi du 22 au matin du 24 – Oswald affirmera qu’il était déjà occupé à boire la bouteille, qu’il venait d’acheter au distributeur de la salle à manger, lorsque Baker le rencontra ; ce qui, s’il n’a pas menti et si ses propos ont été fidèlement rapportés, pourrait signifier qu’il l’avait déposée, pour un instant, sur un meuble, et que Baker ne l’avait pas remarquée... à moins que ce ne soit ce dernier – de même que Truly, qui, lui aussi, affirme avoir vu son employé les mains vides – qui ait menti, pour accréditer la thèse d’un Oswald venant juste de descendre rapidement les escaliers, depuis le cinquième, et n’ayant donc pas eu le temps ne serait-ce que de la décapsuler ; au demeurant, il n’est pas impossible qu’Oswald ait actionné le distributeur de boisson, avant de sortir pour écouter les appels de Truly, et qu’il n’ait ensuite pas eu le temps d’aller prendre la bouteille, avant que Baker ne l’interpelle ; raison pour laquelle il pouvait ensuite affirmer aux enquêteurs, sans vraiment mentir, être en train de boire un soda acheté au distributeur, au moment de sa rencontre avec le policier – cf. Warren Report, Appendix XI, p. 600 et 613 – sur tout cet épisode, nous formulerons, plus loin, une autre hypothèse). Pour finir à propos de cette rencontre au 1er étage, on notera que le temps écoulé entre la localisation des ascenseurs au quatrième étage, par Truly, depuis le rez-de-chaussée, et l’arrivée de ce dernier et de Baker au premier étage (temps que nous évaluons au maximum à 30 secondes) ne permettait pas à Oswald de descendre du 4ème au 1er, par l’ascenseur ouest, d’en refermer la porte, et – en une opération malaisée à effectuer, consistant à glisser le bras entre deux lattes de la porte pour atteindre la commande interne – de le renvoyer à un étage quelconque (sans quoi Truly et Baker auraient remarqué sa présence), puis de prendre position derrière la porte du vestibule de la salle à manger refermée (proche de celle de l’ascenseur ouest et à fermeture pneumatique automatique) (durée de l’opération que nous évaluons au minimum à 45 secondes). D’ailleurs, devant la commission Warren, Truly exprime sa conviction que c’était impossible.

Oswald a laissé tous les ascenseurs au 4ème étage – où les avaient placés Jarman, Norman et Williams – pour être sûr que l’un d’eux reste non loin des tireurs, à leur disposition, s’ils souhaitent l’utiliser, et encore, éventuellement, pour permettre le jet de l’arme du deuxième tireur dans n’importe laquelle des deux cages d’ascenseur, vides à partir du troisième étage, avant qu’un complice ou eux-mêmes ne la récupèrent au sous-sol. Les tireurs ont fui, par l’ascenseur ouest, jusqu’au rez-de-chaussée ou jusqu’au sous-sol, entre 12 h. 32 et 12 h. 35 (il est, en effet, peu probable qu’ils aient emprunté l’escalier d’incendie, sur la façade est, trop exposé aux regards extérieurs et à l’objectif d’éventuels photographes). Ils emportent, avec eux, le second fusil – une arme de forte puissance, selon le témoignage d’Arnold Rowland, qui avait une expérience des armes et qui aperçut le fusil et sa lunette imposante, depuis le trottoir est de Houston Street, pendant une vingtaine de secondes, vers 12 h. 15, alors qu’il était tenu par un homme d’environ une trentaine d’années, debout, en retrait d’un mètre à un mètre cinquante de la fenêtre de l’angle sud-ouest, grande ouverte – hormis en sa partie cintrée, impossible à ouvrir – et dont il eut du mal à distinguer quelle était la couleur de peau, étant donné la distance qui l’en séparait et la pénombre due au retrait, bien qu’il penche pour un Latino ou un Blanc ; présence humaine à cette fenêtre qu’étaye, quoique de piètre qualité, un détail qu’a mis en évidence Robert Groden sur une photo prise par Tom Dillard (cf. « The killing of a president », p. 208-209). Juste auparavant, il avait vu une autre silhouette à la fenêtre de l’extrémité opposée du même étage, cette fois surplombant le seuil de la fenêtre, celle d’un Noir âgé d’au moins une cinquantaine d’années, présentant une calvitie au sommet de la tête, et ne portant pas d’arme. Rowland a offert son témoignage à la commission Warren, qui ne s’est pas privé d’utiliser habilement son défaut de mémoire – que l’on pourra dire inévitable – concernant ce qu’il aurait vu aux autres fenêtres des autres étages (ainsi n’aurait-il rien vu sur tout le quatrième, où se trouvait pourtant l’équipe de Jarman, dont on comprend qu’elle cherche à nous faire croire qu’il l’aurait donc située au cinquième, en ayant confondu les deux étages en un seul et même étage, à l’extrémité ouest duquel il devient, dès lors, douteux qu’il ait pu voir un homme armé !). Mais il avait aussi livré son témoignage, le jour-même, moins de dix minutes après les tirs, au shérif-adjoint Roger Craig, puis, un peu plus tard dans la journée, au bureau du shérif (auquel venait de le conduire Craig), et, le lendemain, au FBI, ces deux derniers ayant omis, dans leurs rapports, d’une part, de situer la fenêtre de l’homme armé (ce que fera néanmoins un second rapport du FBI, du 10 décembre, en précisant même que le témoin était « certain que c’était l’angle sud-ouest »), et, d’autre part, de mentionner la couleur de peau de l’homme de la fenêtre sud-est. Ayant rapidement quitté, avec ses collègues, la Maison du Comté (siège du bureau du shérif et de la Cour criminelle), située à l’angle nord-est de Main Street et Houston Street, pour rejoindre, sur ordre du shérif, la zone des tirs sur Elm Street, Craig venait de rencontrer Mr et Mrs Rowland, en haut du Grassy Knoll, où, dans le sillage de nombreux policiers en uniforme, eux-mêmes s’étaient dirigés, sans tarder. Dans le rapport qu’il en fait, dans son ouvrage « When they kill a president » (ch. II et III), Craig désigne l’homme de la fenêtre sud-ouest comme étant « de couleur » (colored) ou noir, sans donner d’estimation de son âge et sans préciser s’il était ou non armé, et en ajoutant qu’il « marchait en avant et en arrière » (« was pacing back and forth »), et celui de la fenêtre sud-est comme étant blanc et armé – témoignage en tout point conforme à celui qu’il avait donné, dans son interview croisée avec Penn Jones, où le premier homme était décrit « au teint sombre » (« dark complected ») et – précision supplémentaire – le second comme étant assis. Il est possible que, dans la confusion du moment, Craig ait mal compris ou mal noté sur son calepin (dont il dit s’être servi) ce que venait de lui dire Rowland, à moins, plus sûrement, que ce dernier n’ait été ensuite conditionné – entre autres, par sa femme, qui semble avoir fortement tenté de le dissuader de témoigner – à modifier son témoignage, afin d’en atténuer la pertinence et donc la crédibilité (ainsi aurait-il désormais feint la confusion des 4ème et 5ème étages et aurait-il omis de mentionner que chacun des deux hommes était armé, ce qu’il aurait déjà pu avoir fait, devant Craig, du fait de l’agitation régnant sur le Grassy Knoll) (Un autre élément pourrait étayer cette double hypothèse : selon le procès-verbal de la commission Warren, le Noir – auquel Rowland précise cependant n’avoir pas prêté une attention soutenue et permanente – se serait attardé à la fenêtre sud-est, jusqu’à au moins cinq minutes avant le passage du convoi présidentiel, mais pas au-delà d’une minute avant, moment où il dit ne l’y avoir plus vu, et n’aurait donc pas pu échapper à l’attention d’autres témoins… parmi lesquels, précisément, se trouvait Amos Lee Euins, un adolescent, situé à l’angle sud-ouest de Houston Street et Elm Street, plus près donc que Rowland de la fenêtre et juste en face d’elle, et qui, devant la commission Warren, soutiendra avoir aperçu, à cette fenêtre, environ cinq minutes avant les tirs, un homme dont il ne put distinguer la couleur de peau – mais que, devant la même commission, James R. Underwood, un employé de télévision qui avait pu l’interroger, sur le vif, rapporte qu’il lui a dit l’avoir vu « de couleur » (colored), alors que le procès-verbal de son audition par le bureau du shérif, le jour-même, lui fait dire que l’homme était blanc – ce qu’il contestera toujours avoir dit – homme tenant un fusil et ayant « une tache blanche sur la tête », détail qui n’est pas sans pouvoir évoquer une calvitie ou une chevelure d’une quelconque couleur luisant sous le soleil. Pour autant, deux autres témoins, Robert Edwards et Ronald Fischer, qui étaient situés au même endroit qu’Euins, déclareront, devant la commission Warren, avoir vu, à la même fenêtre, dans la trentaine de secondes avant que la première voiture du cortège n’atteigne Houston Street, un Blanc, d’une vingtaine d’années, aux cheveux brun clair et habillé de ce qui pouvait être un tee-shirt blanc, homme dont Fischer précise qu’il retint son attention, pendant dix à quinze secondes, du fait de son attitude figée et « mal à l’aise » – « uncomfortable » – orientée vers le Triple Underpass, comme s’il ignorait l’endroit où allait bientôt se présenter le cortège, attitude que venait de lui signaler Edwards, qui avait vu l’homme, en premier). Tout comme John Powell, qui, avec d’autres détenus de la prison du Comté – dont le bâtiment était situé dans la Maison du Comté – observa, lui aussi, depuis la fenêtre de sa cellule, située au cinquième étage, deux silhouettes et un fusil, au cinquième étage du TSBD (comme le fit aussi L. R. Terry, qui était situé à côté de Brennan, Euins, Edwards et Fischer, et qui témoignera à Jim Marrs, en 1978 – cf. « Crossfire », p. 26), Rowland a cru, sur le coup, qu’il s’agissait d’agents chargés d’assurer la sécurité du Président (Powell se décidera à se faire le porte-parole de ses codétenus, dans une interview donnée en 1978, année où le HSCA faisait appel à de nouveaux témoignages). Hormis Rowland (…et l’objectif de l’appareil de Dillard revisité par l’œil de Groden), tous ceux qui ont vu plusieurs hommes semblent les avoir vus regroupés, à l’est de l’étage, ce qui pourrait indiquer ou bien que celui de l’ouest s’était déplacé, pendant un certain temps, ou bien qu’ils étaient trois, dont l’un pourrait donc facilement avoir été un Noir, Noir dont le minutage inhérent à l’ensemble des témoignages indiquerait qu’il se serait éloigner de toutes fenêtres (Rowland disant, d’ailleurs, explicitement avoir constaté sa disparition), à l’approche du moment fatidique.

Au moment des tirs contre le Président, Richard Carr, un ouvrier à la recherche d’emploi, était en train de gravir des escaliers métalliques dans la partie ouest de l’immeuble en construction du futur Palais de Justice, situé à l’angle sud-est de Houston Street et Commerce Street, une trentaine de mètres plus en retrait de Houston Street que ne l’était le prochain bâtiment – l’ancien Palais de Justice – au nord de Commerce Street. Il se rendait au 8ème et dernier étage, où se trouvait le contremaître qu’il souhaitait rencontrer. Quelques minutes seulement après les tirs, depuis « l’extérieur de la structure de ce Palais de Justice » (procès-verbal de son audition par la Cour de Louisiane, lors du procès Clay Shaw, en février 1969) (autrement dit depuis ce qui ne peut qu’être l’échafaudage enserrant le chantier de construction et dont les escaliers gravis faisaient très probablement partie, comme, du reste, le laissent clairement entendre ses dépositions au FBI des 4 janvier et 3 février 1964 – cf. WCD 329, p. 29, et WCD 385, p. 24-27), il voit trois hommes surgir dans Houston Street, depuis l’arrière du bâtiment du TSBD, s’engouffrer dans un break Rambler, stationné en direction du nord et du côté ouest de la rue, puis le véhicule partir, en trombe, vers le nord, en remontant le sens interdit, avant de tourner sur Pacific Street (A noter que, à la page 230 de son ouvrage « JFK, affaire non classée », publié en 1988, dans ce qui peut être une phrase bâclée, Jim Garrison semble situer la scène, après que Carr fut descendu de l’échafaudage, alors que le procès-verbal de 1969 signifie qu’il se trouvait sur l’échafaudage). Quelques instants auparavant, toujours pendant son ascension, il avait entendu des détonations venant des environs de la partie nord du viaduc ferroviaire : deux détonations (« two sounds »), selon le procès-verbal de son premier interrogatoire par le FBI, le 4 janvier ; trois détonations (« la première détonation puis deux détonations à bref intervalle » – « the first report then two other reports in quick succession »), selon celui de l’interrogatoire du 3 février ; enfin, quatre détonations, produites par deux armes différentes, selon le procès-verbal de son audition de 1969 : une première (« un unique tir qui retentit comme une petite arme, peut-être un pistolet »), dont il n’a pu déterminer d’où elle provenait, suivie d’une brève pause puis de trois autres détonations (« trois tirs successifs »), parties de la palissade du Grassy Knoll. Juste avant cela, alors qu’il atteignait « approximativement le 5ème étage » (« approximately the sixth floor ») (localisation par les deux procès-verbaux du FBI de janvier et février, celui de son audition de 1969 parlant du « sixième étage » – « seventh floor »), il avait observé la présence d’un homme posté à la deuxième ou troisième fenêtre, partant de l’est, du dernier étage du TSBD, habillé d’une veste sombre (dark sport coat), d’un chapeau, d’une cravate et de lunettes à grosse monture (Bien que la distance fût d’environ 240 mètres, on notera que la fenêtre était orientée au sud et bénéficiait d’un éclairage de milieu de journée ensoleillé, sans compter que certains détails de cette description pourraient avoir été issus de la rencontre ultérieure de celui qu’il identifia alors comme étant le même homme – cf. infra). Vite redescendu au rez-de-chaussée et sorti de l’immeuble, cherchant à gagner au plus vite le secteur du Triple Underpass pour voir de près ce qui venait de se passer, avant d’y renoncer, à cause de la foule, et de se rendre chez son frère (chez qui, une heure plus tard, il apprendra qu’on avait tiré sur le Président), il lui semble croiser, sur Houston Street, l’homme au chapeau vu à la fenêtre. L’homme se dirige, à pied, à vive allure, vers Commerce Street, en jetant, de temps à autre, un regard en arrière, par-dessus son épaule, puis emprunte Commerce Street pour gagner Record Street et, finalement – selon le procès-verbal du FBI du 3 février – monte dans un break Rambler gris stationné à l’intersection des deux rues (Il pourrait s’agir de l’homme que venait d’observer, de dos, sortant par la porte arrière du TSBD et courant vers le sud de Houston Street, James Worrell, bien que, dans sa déclaration au shérif du 22 novembre, celui-ci l’ait décrit sans chapeau : devant la commission Warren, il le décrira habillé de la même veste, du reste, désormais, sans affirmer l’avoir vu sortir de l’arrière du TSBD et sans pouvoir ni exclure qu’il s’agissait d’Oswald – sans doute pour ne pas contredire le procès-verbal de son premier interrogatoire par le FBI, où il disait avoir ultérieurement reconnu en ce dernier l’homme en question – ni le certifier). Lors de son témoignage au procès Shaw, en 1969, Carr dit avoir vu l’homme au quatrième étage du TSBD. De son côté, Jim Garrison – le président du procès Shaw – rapporte, dans son ouvrage, qu’il désignait, en fait, la fenêtre voisine du « nid du tireur », au cinquième étage (cf. ibid., p. 83) ; variations de témoignage qui peuvent s’expliquer, plutôt que par un défaut d’attention et/ou de mémoire, par l’omission du rez-de-chaussée, qui était sans fenêtre, ou par l’interdiction de s’exprimer sur l’affaire que lui avait faite le FBI, au moment de devenir le dépositaire de son témoignage, lors des deux interrogatoires de janvier et février, interdiction à laquelle se sont ensuite ajoutées plusieurs menaces ou avertissements, à son encontre, dont une tentative d’assassinat précédant son audition de 1969. Le procès-verbal de cette dernière et le compte-rendu fait par Garrison, dans son ouvrage, font encore état d’un Rambler stationné sur Houston Street (cf. ibid., p. 230), et non sur Record Street, comme il est censé l’avoir déclaré au FBI, en février 1964. Depuis l’endroit où il se trouvait, Carr n’avait aucune vue sur Record Street, mais pouvait voir, sur une certaine longueur, le côté ouest de Houston Street. Carr précise : « Je ne pourrais dire s’ils sortaient de l’entrée latérale du Dépôt de livres scolaires ou s’ils venaient de derrière lui ». Par « entrée latérale », il ne peut qu’entendre celle des docks, qui prolongent le bâtiment principal du TSBD, et par « derrière », le parking s’étendant à l’intérieur de l’arc de cercle de la voie ferrée. En 1967, lors d’un entretien téléphonique, il a confié au journaliste Penn Jones que les hommes arrivaient de derrière la palissade du Grassy Knoll, bien qu’il ne semble pas avoir eu une vue suffisamment grande du parking, ni n’avoir eu aucun autre pôle d’attraction, pour ne jamais les avoir perdus de vue, étant donné, par ailleurs, que les reconnaître, à cette distance, semble douteux. Or, parlant d’eux, devant la Cour de Louisiane, comme de « trois hommes qui émergèrent de derrière le Dépôt de livres scolaires » (« three men that emerged from behind the School Book Depository »), il semble bien signifier s’être interrompu à les suivre. Il n’est donc pas impossible que le témoignage recueilli par Jones résulte d’un lien établi tardivement (et peut-être hâtivement) entre ce dont il avait été témoin et les divers témoignages ayant parlé d’au moins deux hommes derrière la palissade, comme pourrait encore justement en témoigner le fait que Jones rapporte ne l’avoir entendu parler que de deux hommes traversant le parking et montant dans le Rambler (tout en sous-entendant peut-être que le troisième n’aurait été que le chauffeur demeuré près de son véhicule). Pour ce qui est de l’homme vu à une fenêtre du TSBD, les deux procès-verbaux du FBI font état d’une fenêtre située au dernier étage (soit à une hauteur d’environ 26 mètres), le seul étage qui aurait été visible, par-dessus les toits de l’ancienne Cour de Justice (culminant à un peu plus de 22 mètres, hors la grande tour, plus à l’est), depuis l’endroit où se trouvait Carr, à savoir, selon les mêmes procès-verbaux, comme nous l’avons vu, depuis « approximativement le cinquième étage », et, selon le procès-verbal du procès Shaw, depuis « le sixième étage » (le 5ème et le 6ème étant respectivement à une hauteur d’environ 23 m. et 27 m.), et, en outre, depuis l’échafaudage qui devançait le bâtiment vers Houston Street – hauteurs qu’il convient de rapporter aux distances pour obtenir le champ visuel, ce qui, sur un plan tridimensionnel produit à l’échelle, semble exclure, de justesse, que le dernier étage du TSBD ait été visible depuis le 5ème étage et confirmer le propos de Garrison selon lequel le 5ème étage du TSBD était visible depuis le 6ème étage… tout en étant bien loin de confirmer les vérifications que deux Agents Spéciaux sont censés être allés faire sur le terrain, en janvier 1964 – sans préciser depuis quel endroit des étages – selon lesquelles le dernier étage n’était visible que du 8ème et dernier étage (situé à une hauteur d’environ 37 mètres) (cf. WCD 329, p. 31). En admettant, malgré l’invraisemblance, que le dernier étage du TSBD n’était visible que du dernier étage de l’immeuble où il se serait donc trouvé, pourquoi Carr, s’il a bien vu ce qu’il dit avoir vu, ne dit-il pas l’avoir vu depuis cet étage ? Pour ne pas mettre dans l’embarras le contremaître qui aurait été présent avec lui et n’aurait pu qu’être témoin des mêmes choses que lui, mais sans vouloir en parler (alors qu’au 6ème étage il était en compagnie d’un simple ouvrier qui fit une déposition similaire à la sienne, du moins, concernant la présence de l’homme au dernier étage du TSBD – cf. procès-verbal de 1969) ? Pourtant, c’est ce qu’eût risqué d’avoir déjà compromis le fait d’avoir confié, en privé, le 27 décembre 1963, « qu’il y avait quatre ou cinq autres ouvriers dans le bâtiment en construction et qu’ils virent pareillement l’assassinat (they likewise saw the assassination) ») (déposition au FBI de Mary Sue Brown datée du 8 janvier 1964 – WCD 329, p. 28) ? Pour ce qui est du Rambler stationné, on est plutôt porté à penser que les rapports du FBI ont tôt cherché à le « déplacer » de Houston Street – où il n’est nullement question de véhicule – vers Record Street et à n’y faire entrer qu’un seul homme que Carr ne pouvait faire mieux que prétendre avoir reconnu. Quoi qu’il en soit, le Rambler qui aurait été vu stationné sur Houston Street ne pourrait avoir été le même que celui qui aurait été vu stationné à l’intersection de Record Street et Commerce Street, les deux endroits étant trop éloignés, à moins que Carr ne se fût attardé suffisamment longtemps pour voir, d’abord, l’homme au chapeau monter dans le Rambler sur Record Street, puis le même Rambler prendre les trois hommes sur Houston Street… hypothèse à laquelle s’oppose, néanmoins, le fait qu’il dit avoir été pressé de gagner le secteur du Triple Underpass, une fois descendu de l’échafaudage, et le fait que, devant Garrison, il ne parle plus de Rambler – ni, d’ailleurs, d’un autre véhicule – sur Record Street (cf. ibid. p. 230), comme si celui-ci n’avait finalement jamais existé. Enfin, quelle aurait pu être la raison d’être de l’homme au chapeau à une fenêtre du dernier étage du TSBD – dont Carr a d’abord pensé qu’il pouvait s’agir d’un agent du Secret Service ou du FBI ? Si l’on peut admettre que, dans les minutes précédant l’attentat, la présence d’un homme s’imposait, aux côtés du tireur de l’angle sud-est du TSBD, pour l’aider à bâtir, au plus vite, en cinq à dix minutes, le « nid » – un assemblage de 24 caisses de 25 kilos chacune – (comme peut sembler en témoigner le film de Bronson, tourné au moment où le cortège présidentiel se dirige vers l’intersection d’Elm Street et Houston Street), afin d’épargner au tireur situé à l’angle opposé un effort qui aurait pu le déconcentrer, lui dont nous verrons que la tâche aurait été de toucher la cible et non de faire diversion, il reste que sa présence ostensible à une fenêtre s’accorde mal avec le fait que ne devait sans doute sembler finalement avoir été présent, à cet étage, qu’un seul homme, l’occupant du « nid », dont on sait qu’il ne se montra pas habillé comme notre homme au chapeau, puisque, selon la plupart des témoins, tête nue et en vêtement léger (tee-shirt ou chemise). Par contre, le dernier étage constituait pour l’homme au chapeau un poste lui permettant d’intervenir, en tenaille, à l’étage inférieur, en cas de problème, sans que, pour autant, soit exclu qu'un homme se trouvait bien aux côtés du tireur est. Il pourrait donc y avoir eu quatre hommes du complot, en plus d'Oswald, aux cinquième et sixième étages du TSBD.

Si le fusil Mannlicher-Carcano retrouvé au 5ème étage et censé avoir été l’arme du crime appartenait bien à Oswald (quoique, lors de son interrogatoire du matin du 23, il ait nié avoir acheté une telle arme et en avoir jamais possédée une), et s’il n’y a pas été transporté, à son insu, une hypothèse, quoique peu vraisemblable, s’imposerait : il l’aurait fourni aux tireurs, contre la promesse qu’ils le feraient disparaître, à l’instar de celui utilisé par le second tireur, seconde arme dont, en effet, rien ne permet d’être sûr qu’elle ait été retrouvée dans le bâtiment, lors de la fouille effectuée par la police de Dallas et les hommes du shérif, rejoints bientôt par des agents de l’ATF, bien qu’une chaîne de télévision et une station de radio rapportèrent, dans un premier temps, que l’arme trouvée était un British Enfield .303 (voir aussi la controverse autour du Mauser, p. VII) (Notons que l’éventuelle découverte d’une ou plusieurs autres armes dans le bâtiment ne signifierait pas nécessairement qu’elles furent utilisées pour l’attentat, ni même qu’elles avaient été prévues pour l’être). De son côté, le FBI est censé avoir établi que le Mannlicher-Carcano a été acheté, par correspondance, sous le faux nom de Alek James Hidell (qui, par ailleurs, se trouve être le nom du titulaire d’une carte d’identité militaire portant la photo d’Oswald et censée avoir été retrouvée dans le portefeuille de ce dernier, juste après son arrestation), dans un magasin de Chicago, le 20 mars 1963, quand les registres de ce même magasin attestent pourtant qu’une seule arme du même type y a été vendue, le 18 juin 1962, à un client resté inconnu et n’ayant pas usé du nom Hidell (cf. Armstrong, « Oswald did not purchase a rifle from Kleins »). Si l’on admet qu’Oswald avait acquis cette arme, sous un faux nom, il pourrait d’autant plus facilement l’avoir fournie (peut-être même dans l’intention partagée d’égarer les enquêteurs sur une fausse piste), qui plus est, éventuellement, sous le coup d’une offre d’achat très généreuse (peut-être les 170 dollars qu’il laisse à sa femme, le matin du 22 – voir infra – alors qu’il n’avait encore jamais pris part aux dépenses familiales, depuis leur arrivée chez les Paine, selon Mrs Paine ; soit environ dix fois le prix qu’est censée lui avoir coûté l’arme, si l’on y ajoute les 13 dollars qu’il avait en poche, au moment de son arrestation, et dix-sept autres qu’il pourrait avoir dépensés, pendant les jours précédents, parmi lesquels, les dix offerts, exceptionnellement, à sa femme pour l’achat de chaussures, « juste avant, ou à un moment proche de l’assassinat », comme le rapporte, en se contredisant quelque peu, Mrs Paine, assistance pour l’achat de chaussures d’ailleurs confirmée par Marina elle-même – Oswald n’ayant, au demeurant, pas revu sa femme, le dernier week-end, on peut se demander si, le soir du 21, il lui recommandait l’achat de chaussures... pour un voyage qui aurait été à effectuer les jours suivants – cf. infra ; à noter encore que, depuis un certain temps, Marina le relançait pour l’achat d’une machine à laver, et que, un mois plus tôt, elle avait donné naissance à un deuxième enfant. Au total, 200 dollars, qui, du reste, n’auraient sans doute pas inclus la probable promesse de paiement du reste de la participation à l’attentat. Au demeurant, si on admet qu’il lui restait une partie des 208 dollars que lui avaient rapportés, par paiements bimensuels, depuis le 16 octobre, les quatre premières semaines de son emploi au TSBD, la cinquième étant logiquement restée impayée – 208 dollars auxquels s’ajoutaient 33 dollars d’allocation chômage perçus début novembre – et étant donné qu’on peut grossièrement estimer à 20 dollars ses dépenses hebdomadaires indispensables, pour son propre logement – 8 dollars – sa propre nourriture – rudimentaire, selon tous les témoignages – et ses déplacements – 80 cents pour un aller et retour en bus entre son domicile et son lieu de travail – l’offre d’achat de l’arme pourrait avoir été inférieure à 200 dollars ; offre d’achat qui aurait été d’autant plus tentante que, à cette date, Oswald n’aurait plus été rémunéré par le FBI et/ou une agence de renseignement, pour services rendus, dans un passé récent, voire très récent – cf. Mémorandum de J. Lee Rankin de janvier 1964, dossier HSCA n° 000101, Jim Garrison, ibid., p. 142-143, 212-215 et 225-226, Jim Marrs, ibid., p. 179-186, 210-219, 447-449 et 493-494, et James W. Douglass, « JFK et l’indicible », p. 97-102, 109-112 et 129-135 ; pour des informations complémentaires sur les finances d’Oswald, cf. WCR, Appendix XIV, p. 741-745, et George W. Bailey, « Oswald’s finances during the summer of 1963 », sur son blog « Oswald’s mother », qui mentionne un ultime versement d’allocation chômage de 39 dollars, début octobre, alors que la chronologie d’Ira David Wood en mentionne un de 33 dollars, début novembre, auquel on pourra ajouter la réception de mandats postaux, pendant le même mois, que mentionne Marrs – cf. ibid., p. 215 et 519).

Le matin du 22, en arrivant au TSBD, pour entamer son travail, Oswald a été vu (par au moins un témoin – voir infra) entrant dans le bâtiment, sans le long paquet dont son collègue Buell Frazier, qui, ce jour-là, lui servait de chauffeur, assure pourtant qu’il venait de le sortir de son véhicule, après lui avoir dit qu’il contenait des tringles à rideau (Buell évalue la longueur du paquet à environ 60 centimètres, alors que sa sœur, Mrs Linnie Randle, qui aperçut le paquet, dans la cour de son domicile, voisin de celui des Paine, avant le départ des deux employés, l’évalue à environ 70 centimètres). Selon l'enquête officielle, ce paquet contenait le Mannlicher-Carcano démonté, et Oswald l'apportait de la maison des Paine, à Irving, où il avait passé la nuit et où étaient entreposées les affaires de son couple, depuis son dernier déménagement (Le détective Robert Studebaker de la police de Dallas, chargé d’effectuer les photos officielles de l’enquête, au 5ème étage, n’a bizarrement pas photographié l’emballage, confectionné en forme de sac, qu’il prétend pourtant avoir localisé dans le « nid du tireur », à l’est de la fenêtre, comme le prétendent aussi, toujours devant la commission Warren, ses collègues Carl Day, E. D. Brewer, C. A. Haygood, Marvin Johnson, Richard Sims et L. D. Montgomery, contrairement à ses collègues John Hicks, Gerald Hill et Elmer Boyd et aux shérif-adjoints Roger Craig et Luke Mooney : si tous furent présents au 5ème étage, en même temps que lui, qui plus est, pour la plupart, avant lui – Mooney fut même celui qui découvrit le « nid » – les cinq derniers soutiennent – implicitement, dans le cas de Mooney – n’y avoir jamais vu – ou ne pas se souvenir avoir vu, dans le cas de Boyd – un tel sac. Après que les tireurs eurent déballé le fusil, Oswald pourrait donc s’être appliqué à le faire disparaître, étant donné, d’une part, qu’il pouvait porter des traces de l’arme et ses propres empreintes digitales – empreintes dont tout indique qu’il s’était appliqué à les faire disparaître du fusil, puisque selon l’expert du FBI en cette matière, Sebatian F. Latona, aucune empreinte digitale valable n’a été relevée sur l’arme – et, d’autre part, que Frazier l’avait vu, de près, en sa possession. Quoi qu’il en soit, si l’on admet la validité du témoignage de Frazier, il y a une très grande probabilité que le paquet qu’il transportait ait contenu le fusil, puisqu’aucun paquet contenant des tringles à rideau ne fut jamais retrouvé dans le TSBD et, en tout cas, ne fut jamais remarqué, dans la matinée, par aucun des employés, alors qu’Oswald n’aurait sans doute eu aucune raison de le dissimuler à ce point ; par ailleurs, bien qu’il ait affirmé, le matin du 24, devant le capitaine Will Fritz et l’inspecteur des postes Harry Holmes, que le sac qu’il avait apporté, le matin du 22, contenait son déjeuner, composé d’un sandwich au fromage et d’une pomme – le fait que, à la question posée, il ait répondu ne pas se souvenir si ce sac était petit ou grand, rend sa déclaration douteuse, malgré la fatigue accumulée pendant les quarante-huit heures séparant celle-ci du matin du 22 – cf. WCR, Appendix XI, p. 636. Il reste cependant une autre possibilité : le paquet contenait un autre fusil – le second – qui devait lui aussi servir à l’attentat, le Mannlicher-Carcano étant, quant à lui, apporté au TSBD, à l’insu d’Oswald, le tout pour éviter tout risque de soupçon de la part de ce dernier, tout en le rendant suspect, sur la base du témoignage de Frazier, dont l’inadéquation partielle avec la thèse officielle pouvait être mise sur le compte d’une erreur d’observation, comme nous allons le voir. Hypothèse rendue moins probable que la précédente par le fait qu’elle complique grandement le déroulement des opérations à Irving : Oswald aurait probablement dû prendre possession du second fusil, à l’extérieur du domicile des Paine, lequel aurait, par ailleurs, dû être cambriolé, sans traces d’effraction, dans la nuit du 21 au 22 ou, plus sûrement, dans la matinée du 22 – dans la mesure où rien n’empêchait Oswald de vérifier la présence de son arme, avant son départ – à moins d’admettre que, chez les Paine, quelqu’un d’autre qu’Oswald participait au complot. Il peut donc paraître plus probable qu’une somme d’argent et un discours persuasif aient suffi à manipuler Oswald, en manque de ressources financières et de perspective d’avenir).

Selon Frazier, Oswald était descendu de son véhicule, le paquet dans les mains, sans attendre, contrairement à ses habitudes, qu’il ait fini de garer sa voiture, sur le parking des employés, situé à environ six cents mètres au nord-ouest du bâtiment du TSBD, et avant de le distancer, là encore contrairement à ses habitudes, d’une vingtaine de mètres, lors de leur marche commune, jusqu’au bâtiment, via les voies ferrées, qui constituaient un raccourci (Devant le HSCA, Frazier évaluera cette distance à une bonne centaine de mètres, estimation assurément plus vraisemblable, dans la mesure où il est censé avoir laissé tourner le moteur de sa voiture, pendant au moins deux minutes, pour recharger la batterie, alors qu’Oswald avait déjà commencé à se diriger vers son lieu de travail). Tout au long de la marche, afin d’assurer le maximum de discrétion au transport – dans une zone très dégagée, d’intense trafic ferroviaire et bordée de bâtiments à étages, qui plus est, un jour où n’importe qui pouvait avoir spontanément l’attention éveillée par le transport d’un paquet potentiellement suspect – il avait tenu le paquet le long du corps, une extrémité dans l’aisselle et, probablement, le verrou, qui devait être saillant sous l’emballage, dans la main (la culasse étant la partie la plus lourde, elle devait donc être située en bas, pour un meilleur équilibre), pour empêcher la pièce la plus lourde et la plus pénétrante, à savoir le canon et sa culasse de glisser et de déchirer l’emballage ou encore, plus sûrement, de déséquilibrer la tenue du paquet, avec le risque de sa chute et là encore d’une déchirure de l’emballage et/ou d’une indiscrétion (quoique l’on puisse penser qu’il avait attaché cette pièce métallique à la pièce en bois, et que le sac, fabriqué en papier d’emballage plié, devait être naturellement renforcé à ses extrémités) ; détail que n’avait probablement pas pu bien observer Frazier, qui avoua qu’il était distancé et qu’il ne prêtait pas beaucoup d’attention à ce qu’il pensait vraiment être des tringles à rideau (devant le HSCA, il dira que, comme à son habitude, il était distrait par la circulation des locomotives), raison pour laquelle il pourrait avoir eu l’illusion que l’extrémité basse se trouvait dans la paume d’Oswald (ce que la trop grande taille d’un paquet contenant un Mannlicher-Carcano M 91/38 démonté – 88,4 centimètres – rendait impossible). Au terme de la marche, Oswald avait fini par entrer, le premier, dans le TSBD, par la porte arrière donnant au rez-de-chaussée, juste après être sorti, pendant un moment, du champ de vision de son collègue (qui semble n’avoir finalement pas pu remarquer s’il est entré avec ou sans le paquet – situé à l’intérieur du bâtiment, Dougherty, quant à lui, affirmera l’avoir vu entrer, les mains vides). Oswald pourrait donc avoir déposé le paquet, fabriqué avec du papier d’emballage provenant du TSBD (ou de son fournisseur ou d’un autre client de celui-ci), dans l’une des poubelles qui se trouvaient dans le bâtiment des docks (annexe arrière par laquelle on entrait dans le bâtiment principal), pour pouvoir venir le récupérer, plus tard, depuis l’intérieur ; au cas où le calendrier et les horaires de ramassage des ordures l’auraient permis, il pourrait même carrément l’y avoir laissé, à la disposition des tireurs, qui n’auraient eu plus qu’à le prendre, avant d’entrer dans le bâtiment. Qu’Oswald aurait fabriqué l’emballage avec du papier utilisé par le TSBD pour l’expédition des livres est ce dont, en tout cas, le service d’enquête de la police a cherché à convaincre le public. Aux alentours de 15 h. 30, deux photos ont été prises par William Allen, devant les marches d’entrée TSBD (dont on notera qu’il s’agit du niveau du rez-de-chaussée, qui est celui des ateliers d’emballage), qui montrent L. D. Montgomery tenant, tel un trophée, un grand et large étui confectionné en papier brun identique à celui présent dans l’établissement (jusqu’au collant utilisé pour le fermer). Un détail laisse perplexe : l’ampleur du paquet qui n’aurait pourtant été destiné qu’à un seul fusil, fût-il démonté… ou à quelques tringles de rideau. En outre, rappelons qu’à 15 h. 30 Frazier est censé être toujours injoignable, alors qu’il est pourtant le seul, avec sa sœur (qui ne joindra la police qu’après 16 h. – cf. rapport de police Rose-Stovall-Adamcik), à pouvoir informer de l’existence d’un paquet transporté par Oswald… Le fait que Frazier en aurait informé Jarman, le jour-même, après l’attentat, soit pendant la demi-heure pendant laquelle il se trouve encore au TSBD, alors qu’Oswald n'est toujours pas identifié comme le principal suspect, comme le raconte Jarman au HSCA, quatorze ans après les faits, est peu crédible.

L’un des tireurs pourrait avoir été un sosie d’Oswald (au moins un sosie approximatif, pouvant faire illusion, à une certaine distance, et permettant de ne pas trop éveiller les soupçons d’Oswald lui-même, à moins qu’il n’eût réussi à s’introduire et à demeurer dans le TSBD, à l’insu de celui-ci : admettons néanmoins que, dans tous les cas, l’hypothèse reste fragile), ce qui expliquerait, d’une part, le témoignage (quoique douteux, car venant d’un homme n’ayant pas une bonne vue et ayant changé de version) de Howard Brennan affirmant avoir vu Oswald à la fenêtre de l’angle sud-est (le fameux « nid du tireur »), depuis le trottoir sud d’Elm Street, et, d’autre part, et surtout, le témoignage du shérif-adjoint Roger Craig parlant d’un Oswald courant, du haut du Grassy Knoll, depuis l’arrière du TSBD, vers un véhicule break de marque Rambler de couleur vert pâle venant de Houston Street et s’arrêtant dans Elm Street, pour le prendre à son bord, dans le quart d’heure suivant l’assassinat (réf. infra et « When they kill a president », ch. II). Ce dernier témoignage est confirmé par ceux, quoique tardifs, de Mrs Helen Forrest et James Pennington, de même que par ceux de Marvin Robinson et Roy Cooper, ces deux derniers n’ayant néanmoins pas pu identifier l’homme montant dans le véhicule, mais sans, pour autant, en avoir fait une description incompatible avec Oswald, tous les quatre, au demeurant, ayant vu un homme portant un tee-shirt blanc, alors que, de son côté, dans sa déposition devant la commission Warren, Craig croit se souvenir d’une « chemise beige clair » (« light tan shirt, as I remember it ») (déposition dont il n’est pas inintéressant de savoir que, malgré sa demande, il ne l’effectuera ni en audience publique, ni sous serment – si le premier point semble avoir été la règle, ce n’était pas le cas du second – et que, par la suite, il accusera son interrogateur, David Belin, d’avoir mené l’interrogatoire de façon chaotique, en sélectionnant, au fur et à mesure et par avance, les questions et réponses à enregistrer sur magnétophone et à sténographier, ou en lui faisant reprendre ses réponses ou encore en annulant des questions pour leur en substituer d’autres, afin d’obtenir des réponses satisfaisantes, puis, plus tard, après avoir lu la transcription de l’audience, il l’accusera même d’être allé jusqu’à la modifier, en quatorze endroits, à l’occasion d’« une question importante (...) comme une description de vêtement ou un élément de temps », dont il donne des exemples, dans son ouvrage et dans son interview par Barry Ernest, en laissant même comprendre, dans cette dernière, que la couleur de la chemise d’Oswald était concernée, puisqu’elle y est décrite « bleu-clair pali » – « faded light-blue » – cf. ibid., ch. III, et Barry Ernest, « The girl on the stairs », p. 124-125). À la rigueur, la chemise pourrait avoir été entièrement déboutonnée et pendante, et, volant sous l’effet de la course et/ou du vent – fort, ce jour-là, sur Dealey Plaza – avoir été comme éclipsée par le tee-shirt blanc, la durée de l’observation n’ayant pu excéder quelques secondes. Du reste, c’est un fait que Mrs Earlene Roberts le verra arriver chez lui, vers 13 h., en chemise, mais dont elle ne se souviendra finalement ni de la taille des manches, ni de la couleur, bien que, lors d’un interrogatoire du FBI, le 28 novembre 1963, elle avait mentionné une « chemise de couleur claire, soit à manches courtes, soit aux manches relevées ». Par ailleurs, ces cinq témoignages sont confirmés par Oswald lui-même, dont Craig rapporte que, lors de sa garde à vue, l’après-midi du 22, vers 17 heure, dans le bureau du capitaine Fritz, il avoua à ce dernier et à lui-même avoir pris le Rambler, pour quitter Dealey Plaza (alors que, lors de son premier interrogatoire, en début d’après-midi, il avait dit avoir pris le bus) (Notons que le gardé à vue est en tee-shirt blanc, sans doute parce qu’on vient de lui enlever sa chemise pour y effectuer des analyses balistiques, des photographies prises par Jim McCammon et Stuart Reed le montrant, en effet, portant un tee-shirt blanc sous sa chemise, au moment de son arrestation, nonobstant qu’il a pu avoir changé sa chemise et son tee-shirt, depuis son départ du TSBD, comme une note manuscrite de Fritz, rédigée lors de l’interrogatoire du matin du 23, paraît en faire état, en usant du pluriel : « changed shirts »). Dans une déposition faite le 9 juin 1964, dans le cadre de la commission Warren, Fritz déclarera avoir reçu la visite de Craig, dans son « bureau extérieur » (« outer office »), pendant qu’Oswald se tenait dans son « bureau intérieur » (« inner office » ou « private office »), et qu’il « se mit à lui raconter une histoire d’Oswald quittant le bâtiment », mais qu’il ne se souvenait pas de « toutes les choses qu’il a dites » (WCHE VII, p. 404). Le directeur de l’enquête n’aurait donc pas jugé utile de confronter l’homme qui prétendait lui apporter des informations de première importance avec celui qu’elles concernaient, en premier lieu, et qui ne se trouvait qu’à quelques mètres, informations dont, qui plus est, il conviendrait de comprendre qu’elles l’ont à ce point peu marqué qu’il n’en a conservé qu’un souvenir très général ! Pourtant, dès le 23 novembre, le témoignage de Craig fut vraisemblablement repris, quoiqu’au conditionnel, et donc corroboré, par le chef de la police de Dallas, Jesse Curry : en réponse à un journaliste qui lui demande comment Oswald a pu se rendre aussi vite de l’autre côté de la ville, il répond : « Je ne sais pas. Nous avons entendu dire qu’il a été pris en voiture par un Noir » (WCHE XXIV, CE 2146, p. 765), en mésinterprétant peut-être, au passage, l’expression « dark complected man » – « homme au teint sombre » – qu’avait déjà pu utiliser Craig pour décrire le chauffeur au type latino, comme le mentionne un rapport du bureau du shérif du 23, selon lequel il aurait parlé d’un « dark complected white male », et comme ce sera le cas devant la commission Warren, en avril 1964, où il précisera néanmoins « very dark » et que sa première impression avait été que l’homme était noir, comme il avait, d’ailleurs, déjà avoué s’y être mépris, selon un rapport du FBI daté du 25 novembre (parce qu’il aurait donc eu fait, depuis, de lui-même, retour sur sa mémoire, ayant estimé, depuis le début, sa première impression incertaine, et/ou parce que des témoignages discordants de tiers l’auraient eu conduit à faire ce retour), après qu’un autre rapport du même Bureau fédéral, daté du 23, toujours censé le citer en style indirect, eut parlé d’ « un break Rambler blanc conduit par un mâle noir », et qu’un article de presse texan paru le 23, eut parlé d’un « Nash Rambler blanc conduit par un Noir » (Sur le type et la couleur du véhicule, voir page VI). Pourtant, il peut sembler bien établi qu’Oswald a emprunté un bus puis un taxi pour se rendre à son domicile, entre 12 h. 35 et 13 h., malgré les quelques anomalies que ne manque pas de receler la reconstitution de ce déplacement : montée à bord d’un bus n’allant pas dans la bonne direction à Oak Cliff : Marsalis Avenue, au lieu de Beckley Avenue, distantes d’environ 700 mètres ; puis, en guise de rattrapage, montée à bord d’un taxi dont le carnet de bord indique que le client est monté à 12 h. 30 et est descendu à 12 h. 45. Néanmoins, contrairement à ce qui est parfois objecté, le temps censé avoir été mis par le taxi pour effectuer le trajet en milieu urbain n'était pas trop court, relativement à la distance, le chauffeur ayant, d’ailleurs, précisé avoir trouvé la voie très dégagée, sur sa plus grande partie : trajet d'environ huit minutes, selon ce dernier, qui, par ailleurs, avoue qu’il notait ses temps, sur son carnet de bord, de manière assez approximative ; soit d’environ 12 h. 48 – heure de départ de la station de bus située à l’intersection de Lamar Street et Jackson Street, où se trouvait le taxi et où est arrivé, vers 12 h. 47, un piéton parti, à 12 h. 44, de l’intersection d’Elm Street et Lamar Street, comme l’atteste le ticket de correspondance censé avoir été retrouvé sur Oswald – à environ 12 h. 56, heure d’arrivée au 500 North Beckley Avenue, pour un trajet urbain de 4,2 km., à 40 km/h. (cf. infra et WCHE XXIV, CE 1987, p. 18). 

Le faux Oswald pourrait avoir été l’homme s’adressant ensuite à l’agent de police Jefferson Davis Tippit, par la vitre du passager avant de son véhicule de patrouille arrêté sur East 10th Street, dans le quartier d’Oak Cliff, quelques secondes avant de le tuer, entre 13 h. 10 et 13 h. 15, alors que Tippit aurait eu, à peu près à cette heure-là et à cet endroit-là, rendez-vous avec le vrai Oswald, auquel on aurait eu préalablement fait croire que le policier avait pour mission de l’aider dans sa fuite. Sur la quinzaine de témoins – au moins – censés avoir vu le meurtrier, deux seulement se sont déclarés l’avoir vu commettre son crime : Domingo Benavides et William Scoggins. Au volant de son pick-up arrivant face au véhicule de police, Benavides venait d’apercevoir, à une distance d’une longueur de pick-up, Tippit sortir subitement de sa voiture, une main posée sur le haut de la portière, et, sur le côté droit du véhicule, faisant face au pare-brise, le tireur, lorsqu’il entendit les coups de feu, juste avant que son véhicule ne heurte le trottoir et ne s’immobilise et qu’il ne se protège derrière le tableau de bord – le reste de son témoignage étant sujet à caution : il aurait ensuite relevé la tête pour voir Tippit tomber et le tireur s’enfuir, en jetant des cartouches vides – cartouches que, une demi-heure plus tard, un rapport radio du sergent G. Hill précisera avoir été éjectées par un pistolet automatique – puis serait resté caché dans son véhicule, « juste quelques minutes », et serait ensuite allé constater brièvement l’état du corps allongé, avant de faire un aller-retour « d’une à deux minutes », à pied, par une allée, au domicile de sa mère, située à deux maisons au nord, puis serait revenu s’occuper des cartouches, en se rendant directement à l’endroit où il se souvenait les avoir vu tomber, le tout avant de penser à demander de l’aide, par la radio du véhicule de police… ce qu’il pourrait avoir eu fait, dès le moment où il s’approche du corps, puisqu’un appel raté depuis le véhicule de Tippit a été enregistré à 13 h. 08… Il pourrait avoir aussi re-garé son véhicule, si le témoignage de Sam Guinyard devant la commission Warren est vrai, selon lequel il l’a vu arriver, au volant de ce dernier, par l’est, après le ramassage du corps de Tippit par les ambulanciers, et, sous-entendu, avant qu’il ne l’aide à ramasser les cartouches (déclaration dont on comprend facilement la raison pour laquelle la commission n’a pas cherché à l’éclaircir, ayant sans doute préféré la tenir, telle quelle, sous le coude, pour l’opposer au témoignage de Benavides, en cas de trop grande non-conformité de celui-ci à la version officielle) ; ce qui pourrait correspondre à la fin d’une manœuvre de re-stationnement dont Guinyard, qui arrivait, à pied, de Patton Avenue, après avoir vu le fugitif tourner sur Jefferson Boulevard, n’aurait pas eu vu le début ; hypothèse qui, bien que gênée par le fait qu’il avait déclaré au bureau du shérif, le jour-même, être arrivé sur les lieux, alors que le corps du policier gisait encore à terre, pourrait se justifier par le fait qu’il aurait eu, aussitôt, l’attention retenue par ce dernier, puis par l’ambulance, dont il a assisté à l’arrivée – qui eut lieu par le sud, sur Patton Avenue – avant de voir Benavides, jusqu’alors discret, terminer sa manœuvre, à l’est, direction par laquelle l’ambulance est précisément repartie ; à moins donc que Benavides ne se fût jamais absenté, à pied, ni peut-être même chez sa mère, mais en voiture, et ailleurs… est-ce à dire sous le coup d’une injonction policière qu’aurait émise l’homme sorti du véhicule de police garé dans l’allée, en face de la scène du meurtre – présences et éclat de voix dont ont été témoins, de façon complémentaire, Doris Holan et Frank Wright, comme nous le verrons – injonction qui, au moins dans un premier temps, aurait obligé tout le monde à déguerpir, et donc, certes, au passage, aurait empêché Benavides de faire la tentative d’appel de 13 h. 08, mais qui expliquerait aussi le départ de la Ford de Jack Tatum et du coupé gris vu par Frank Wright – même si l’on admettra qu’il n’y a nul besoin d’une injonction, policière ou autre, pour fuir le lieu d’une fusillade... À la différence de ces deux derniers véhicules, celui de Benavides serait revenu, son chauffeur, qui était dépanneur automobile, ayant eu, depuis la fin de son déjeuner, plusieurs allées et venues à effectuer dans le quartier, entre Marsalis Avenue et Patton Avenue, pour venir en aide à un automobiliste tombé en panne sur cette dernière, au sud de 10th Street. Le fait que l’enquête n’aurait jamais fait état de cette injonction policière n’aurait rien d’étonnant, la présence d’une seconde voiture de police sur les lieux et au moment même du meurtre et dont les occupants n’auraient rien fait pour neutraliser le tueur (véritable), n’ayant pu qu’être passée sous silence… Que Benavides ait pu être le témoin privilégié d’éléments ne pouvant être révélés par l’enquête officielle est, du reste, étayé par le fait que son frère Edward, qui lui ressemblait, sera tué, d’une balle dans la nuque, en février 1964, meurtre resté non élucidé et dont la famille est restée persuadée qu’il visait Domingo… Moins périlleuse, à long et moyen termes, pourrait avoir été la façon dont Scoggins a été témoin du meurtre de Tippit : occupé à prendre son déjeuner, assis au volant de son véhicule à l’arrêt, à quelques mètres de 10th Street, sur le côté est de Patton Avenue, le chauffeur de taxi vit Tippit sortir de sa voiture, faire un pas ou deux vers l’avant, puis s’effondrer, au moment des coups de feu, mais sans avoir aucune vue sur l’allée débouchant sur la scène du meurtre, d’une part, et, d’autre part, sur le tireur, au moment de son acte, qui lui était caché par un buisson ; tireur de la position duquel il se détourna, pour sortir de son véhicule et s’éloigner de la scène, en commençant à traverser Patton Avenue, avant de se raviser et de se protéger derrière l’aile arrière gauche de sa voiture, demi-tour et abri qui lui permirent de voir le suspect s’éloigner du véhicule de police, sans jamais le regarder, et passer à environ trois mètres de lui, le long du versant opposé de sa voiture. 

 

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